Entretien avec Marine Jurbert et Sébastien Martiny

Acrobaticsports : Après avoir obtenu vos sélections respectives, comment s’est passée votre préparation ?
Sébastien Martiny : En accord avec mes entraîneurs, Christine et Guillaume, j’ai voulu y aller à fond, parce que je savais que je n’étais pas le meilleur du monde pour ces Jeux. J’avais envie d’adapter ma préparation pour espérer être encore plus performant le jour J, et Christine m’a beaucoup aidé en ce sens en augmentant ma quantité de travail et en peaufinant les détails. Au final je fais presque mon record de points à l’imposé, qui est plutôt ma faiblesse depuis plusieurs années à très haut niveau, donc ça a payé à ce niveau-là. Après au niveau du libre, pour que ce soit parfait il m’a manqué deux, trois dixièmes… j’ai fait deux petites fautes… mais cela reste tout de même un de mes meilleurs scores de toute ma vie, et de pouvoir le réaliser aux Jeux Olympiques prouve que ma préparation a porté ses fruits et j’en suis très content.

Marine Jurbert : Pour ma part j’ai conservé la même préparation que pour toutes les autres compétitions que j’ai faites, Championnats d’Europe et Mondiaux, je n’ai rien changé.

AS : Pour la première fois le Trampoline féminin avait une représentante pour la France, comment vous êtes-vous soutenus l’un l’autre ?
SM : J’ai eu la chance d’être accompagné par Marine, car c’était ma première participation à moi aussi. Nous avons beaucoup travaillé en amont avec Léa et Allan nos deux remplaçants. Juste avant le départ pour Rio nous avons fait un stage de préparation en Allemagne, et puis sur place à Rio avec Marine nous nous entraînions ensemble tous les jours matin et après-midi. On s’est soutenu mutuellement, c’était très appréciable d’être accompagné, c’est beaucoup plus plaisant et encourageant.

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AS : Si on devait comparer avec une ambiance de Championnats du monde, quelles sont vraiment les différences avec les Jeux ?
SM : Il y a une vraie différence avec les Championnats du monde : aux Championnats du monde on est en équipe, quatre filles, quatre garçons, il y a une vie de groupe, l’émulation est bien plus importante parce qu’on est plus nombreux… Là on n’était que tous les deux, mais au moins était deux ! Quand je pense à Grèg et David qui ont fait les Jeux avant, eux étaient vraiment tout seul, ce n’était pas facile. Une autre particularité est qu’on arrive une semaine avant la compétition, donc c’est long ! On est dans la préparation finale mais pas tout à fait, il faut s’entraîner encore et encore cette dernière semaine. Autre différence, c’est que le jour de la compétition on se retrouve seul de l’échauffement aux passages ; on est vraiment seul ! Et ça cela n’arrive qu’aux Jeux Olympiques. Pour finir, la très grosse différence c’est l’attente qui existe de la part de toute la fédération, tous les gens qui aiment le Trampoline, notre famille, nos amis, qui est multipliée par cent aux Jeux ! J’ai reçu une quantité de messages de soutien avant la compétition, juste avant mon passage…je n’avais encore rien fait ! Quand j’ai vu tout ça j’ai vite rangé mon téléphone dans le sac pour ne pas me laisser disperser, c’est là que je me suis rendu compte que c’était un jour particulier ! C’est les Jeux qui rendent ce jour si particulier.

MJ : Concrètement la configuration de compétition n’est pas la même, en comparaison d’un Championnat du Monde où l’on rentre pour faire nos deux passages dans la foulée, là on est rentré pour notre premier passage, puis on a quitté le plateau de compétition, pour revenir après pour notre deuxième passage.

AS : Parlez-nous un peu de l’ambiance qui règne au village Olympique.
SM : C’est vrai que le village est un endroit très particulier. C’est une mini ville, il y a vingt mille personnes qui vivent dans des bâtiments flambant neufs, une cantine géante… C’est un endroit où il n’y a que les athlètes et le staff proche des équipes, on croise à la cantine ou en bas de l’immeuble des stars du sport ! Ce qui est fou, c’est qu’on soit très connu comme Teddy Rinner, Tony Parker, ou comme nous des sportifs que l’on voit qu’aux JO, tout le monde a le sourire, tout le monde est heureux d’être là, c’est très convivial ! Bien sûr on reste concentré sur nos objectifs d’entraînements et de compétitions, mais quand on se croise, c’est un « bonjour, ça a été ? », « Alors la compétition… ? », des félicitations, des encouragements, etc. C’est une vraie équipe de France olympique, on est soudé, on est tous au même niveau et on est tous très très heureux de représenter la France.
C’est vraiment une ambiance très particulière et formidable.

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MJ : C’était incroyable de se retrouver au côté des plus grands sportifs de la planète ! On a eu l’occasion d’en voir certains sur les sites de compétition, en natation et en athlétisme. Le soir après mon passage nous sommes allés voir la finale de Teddy Rinner, mais nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour voir d’autres disciplines.

AS : Quels sont vos projets pour la suite ?
SM : Pour ma part, je suis toujours motivé pour continuer. C’est vrai que j’ai trente et un ans mais je me sens encore performant. Il y a des jeunes derrière moi qui sont vraiment très talentueux, donc j’ai envie de partager plein de choses avec eux, j’ai envie d’avoir des résultats, d’aller chercher les médailles par équipe qui nous manquent depuis plusieurs années, et je suis sûr qu’avec eux on peut faire de grandes choses. Si je peux continuer un cycle ce serait parfait, mais ce n’est pas facile, on ne sait pas comment ça va se passer …en tout cas j’ai l’envie et la motivation de le faire.

MJ : J’entame un nouveau cycle pour préparer Tokyo 2020. L’objectif sera de sélectionner la France aux Jeux dans quatre ans, et de qualifier deux Françaises.
Donc le travail commence dès maintenant.

AS : Merci à vous deux d’avoir bien voulu répondre à nos questions, bonne chance pour la suite.

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Un grand merci à Sébastien pour les photos.