Entretien avec David Girard

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Acrobaticsports : La dernière fois que nous nous sommes croisés c’était en 2014 aux Folies Bergère pour le spectacle « Love Circus » mis en scène par Stéphane Jarny. 18 mois plus tard on te retrouve au même endroit et pour le même spectacle. Peux-tu nous raconter ce que tu as fait entre ces deux périodes ?
David Girard : J’ai surtout fait des spectacles événementiels avec 45 Degrees (la branche des événements spéciaux du Cirque du Soleil). Des projets à Trois-Rivières (Québec), New-York, Mumbaï et Toronto. Je me suis aussi entrainé sur mon appareil acrobatique de cirque que j’ai inventé appelé cirQle. Une espèce de roue qui tourne sur elle-même (deux sens de rotation possible). On m’appelle (à la blague) le hamster ! Un projet qui est à présent prêt et qui va me permettre de poursuivre ma carrière circassienne
plus longtemps. David Girard demo – cirQle : https://www.youtube.com/watch?v=i24JBfBnWMQ

AS : Comment t’es-tu retrouvé à nouveau dans l’aventure « Love Circus » ?
DG : Love Circus a tellement cartonné l’année dernière (on a terminé en janvier 2015) qu’ils voulaient déjà faire une reprise. Trouver le temps idéal pour que les Folies Bergère soient libres et coordonner l’horaire de tous et chacun afin qu’un maximum d’artistes de la production originale soit présent n’a pas été chose facile. On y est finalement arrivé un peu plus d’un an plus tard. J’étais déjà en discussion l’été dernier pour la reprise alors je me doutais que ça allait revenir. Tout était alors aligné pour qu’on se retrouve tous sur scène. Un grand bonheur!

AS : Comment se passe une journée type pour toi en ce moment ?
DG : Bien je bosse à distance sur des projets personnels et professionnels (ordinateur, courriels, rencontre Skype), pas toujours facile avec le décalage horaire puisque je dois m’organiser avec l’heure de Montréal. Je fais aussi des exercices (surtout de dos) tous les matins. Nous avons parfois des répétitions vers 16h30-17h00. Sinon, j’arrive au théâtre pour 18h30. Je m’échauffe un bon 30 minutes sur et à l’extérieur du trampo. Ensuite, maquillage, reprise d’échauffement et spectacle ! On se retrouve à l’occasion autour d’un verre après le spectacle, sinon je rentre et regarde une série télé.
J’ai aussi appris à découvrir Paris autrement avec de belles petites adresses. Fini de jouer au touriste! ha!ha! J’aime aller travailler dans un café (Coutume Café, KBCafeshop, Anticafé, La Recyclerie). J’ai aussi découvert un aspect nature que j’ignorais de Paris : La Coulée verte, les Buttes-Chaumont, le bois de Vincennes. J’aime donc me promener et vivre la vie parisienne comme un vrai local!

AS : Parle-nous de ton rôle dans le spectacle.
DG : Forrest Jump, c’est mon personnage. Je le considère agile, très physique et tonique et quelque peu naïf à certains moments. Ma performance est surtout acrobatique (trampo et acrobaties au sol) mais je participe également aux tableaux d’ensemble avec de la comédie et des chorégraphies. On est bien (et positivement) exploités!

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AS : Quand tu es sur scène chaque soir dans une salle comble devant un public conquis, comment te sens-tu ? Retrouves- tu les sensations que tu avais quand tu étais athlète de haut niveau ?
DG : Je retrouve de bonnes sensations mais pas les mêmes qu’en compétition. Mon niveau de stress est beaucoup plus bas puisque je ne suis pas noté, je peux modifier un élément sans aucune répercussion et j’ai l’appuie de toute la troupe présente autour de moi (je ne suis pas seul sous les feux de la rampe). De plus, sur un spectacle de deux heures, le stress se diffuse sinon je ne passerais pas à travers le spectacle, ça me grugerait trop d’énergie. Par contre, je suis tout aussi « focus » et concentré lorsque je fais mes acrobaties. Et comme lorsque je faisais de la compétition, il ne faut pas que je pense trop à ce que je fais… Il faut que je me laisse aller et fasse parler mon corps (un peu plus dans l’automatisme). Autrement, si je me pose des questions et réfléchis trop, ça part en « couilles » comme vous dites!

AS : Continues- tu à suivre les carrières de tes anciens camarades de l’équipe canadienne ?
DG : Facebook est un excellent médium. Je fais parti du groupe Trampoline Open Network (sur Facebook), Gymnastique Canada alors j’ai souvent accès aux résultats, à des vidéos, etc. Il ne reste plus beaucoup de monde de ma génération mais j’aime toujours suivre les exploits issus de mon sport (autant les Canadiens que les autres pays).

AS : As-tu toujours des contacts avec eux ?
DG : Oui quand même. J’suis aussi amis (sur Facebook et à l’extérieur) alors j’ai accès à ce qui se passe durant la saison. Je vais aussi voir (dès que j’ai la chance) mes amis sur Rennes. Il y en a aussi qui font carrière dans le cirque alors ça facilite le contact!

AS : As-tu suivi l’évolution des disciplines Trampoline et Tumbling ? Si c’est le cas, quel est ton regard sur cette évolution ?
DG : Le niveau augmente à une vitesse fulgurante. C’est beau à voir! On est vite oublié ha!ha! En même temps, je me dis qu’il a fallu des gens pour paver la voie et faire augmenter le niveau. Je suis à 100% pour l’évolution du sport et d’en augmenter la visibilité. Les Chinois ont certainement contribué à ça mais je vois qu’il y a encore une belle diversité et que les résultats peuvent changer rapidement.

AS : Parle-nous un peu de tes camarades de jeu, as-tu réussi à les faire sauter sur le Trampoline ?
DG : Ha!ha! Oui! Ils adorent ça. Il y en a qui se pratique même à faire du trampo-mur (Simon Heulle). Pour les autres, je les vois souvent faire des sauts droits (chandelles), des assis-debout, etc. Juste de voir leur expressivité me donne une motivation supplémentaire. Un regard d’enfant, un rire profond et sincère. Ça me rappelle la raison pour laquelle je fais encore ça!

AS : Après « Love Circus », quels sont tes projets ? Te verrais-tu dans des rôles avec moins d’acrobatie mais plus de comédie ?
DG : Complètement! J’ai suivi un atelier de théâtre (travail de scènes) durant l’hiver et j’ai adoré. Ça m’a donné une vision différente quant à mon approche scénique. Développé davantage le côté humain, être plus « relax » et vulnérable sur une scène, être plus à l’écoute et jouir du moment présent. Avec toutes ces années de trampoline, tumbling et double-mini, mon corps est un peu plus usé (on ne se le cachera pas!) et mon intérêt pour le théâtre et l’expression artistique se fait de plus en plus ressentir.
D’ailleurs, je rentre à Montréal début juin pour entamer un autre projet avec 45 Degrees. Le spectacle s’intitule Tout Écartillé : c’est un hommage au chanteur Robert Charlebois. Je serai personnage principal, artiste avec mon appareil cirQle et concepteur acrobatique du spectacle. Un beau projet, une belle opportunité et un gros mandat ! Très hâte de commencer !

communique-de-presse-lundi-25-janvier-2016

 

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